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Bébéar mis en examen dans une affaire de blanchiment
jeudi 14 juin 2001 - 17h20 heure de Paris PARIS (AFP) -

Fondateur du groupe français d'assurance Axa, Claude Bébéar, 65 ans, a été mis en examen, mercredi soir, dans une affaire de blanchiment présumé liée à la société luxembourgeoise d'assurance-vie PanEurolife, ancienne filiale du groupe qu'il a présidé jusqu'en mai 2000. Poursuivi pour "blanchiment de capitaux aggravé", il a été placé sous contrôle judiciaire lui interdisant de rencontrer les autres personnes mises en examen dans ce dossier. Il devra s'acquitter d'une caution de 2 millions de francs. Dès l'annonce, jeudi matin, de sa mise en examen, le comité de candidature à l'organisation des Jeux olympiques de Paris 2008 a annoncé que Bébéar ne démissionnerait pas de ses fonctions de président. Son directeur général, Noël de Saint-Pulgent, a précisé que Bébéar présiderait comme prévu vendredi, aux côtés du maire de Paris Bertrand Delanoë, l'appel de soutien de trois cents artistes français et étrangers en faveur de la candidature de la capitale française. Interrogé jeudi matin par l'AFP, le groupe Axa s'est refusé à tout commentaire. Quelques heures avant Bébéar, aujourd'hui président du conseil de surveillance d'Axa, c'est l'actuel président du directoire du groupe d'assurances, Henri de Castries, qui avait été mis en examen des mêmes chefs par la juge d'instruction Dominique de Talancé. Placés en garde à vue mardi matin, les deux dirigeants avaient été longuement interrogés par les policiers de la Brigade de recherches et d'investigations financières (BRIF) avant d'être transférés mercredi au pôle financier du palais de justice de Paris. La magistrate est chargée d'une information judiciaire ouverte en février pour "vol, escroquerie et blanchiment de capitaux aggravé", à la suite d'une enquête préliminaire de plusieurs années portant sur des placements financiers proposés par Paneurolife. Détenue majoritairement par l'UAP au début des années 90, la société luxembourgeoise, dont plusieurs dirigeants ont été mis en examen et brièvement écroués dans ce dossier, a intégré le groupe Axa lorsque ce dernier a absorbé l'UAP en 1996. Elle est aujourd'hui contrôlée par l'américain Nationwide Global Holdings. D'après les enquêteurs, cette société spécialisée dans l'assurance-vie aurait mis en place un système de blanchiment de la France vers le Luxembourg en collectant des fonds - de particuliers mais également d'entreprises - d'origine délictueuse, correspondant notamment à de l'évasion fiscale. Le délit de blanchiment, entré dans le code pénal français en 1996, est le fait "d'apporter un concours à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit direct ou indirect d'un crime ou d'un délit". Les poursuites judiciaires prononcés à l'encontre des deux dirigeants d'Axa marquent un coup d'accélérateur de la justice pour tenter de remonter la chaine des responsabilités. Mardi soir, l'ancien directeur général de la banque Worms, Marc Vuillermet, avait été mis en examen. L'enquête a révélé que les fonds à destination de PanEurolife transitaient par des comptes de cette banque, ancienne filiale d'Axa rachetée en début d'année par la Deutsche Bank. Le même jour, Jean Peyrelevade, actuel président du Crédit Lyonnais et ancien président de l'UAP, avait pour sa part été entendu comme témoin par les policiers. Nommé à la tête du Crédit Lyonnais fin 1993, il avait alors été remplacé à la tête de l'UAP par Jacques Friedman.